2009-05-27

Le Retour

Il y a 700 ans, Dante ouvrait sa Divine Comédie comme suit:

J'étais au milieu de ma course,
et j'avais déjà perdu la bonne voie,
lorsque je me trouvai dans une forêt obscure,
dont le souvenir me trouble encore et m'épouvante.

Certes, il serait dur de dire
quelle était cette forêt sauvage,
profonde et ténébreuse,
où j'ai tant éprouvé d'angoisses,
que la mort seule me sera plus amère:
mais c'est par ses âpres sentiers que je suis parvenu
à de hautes connaissances,
que je veux révéler,
en racontant les choses dont mon oeil fut témoin.

Je ne puis rappeler le moment
où je m'engageai dans la forêt périlleuse,
tant ma léthargie fut profonde!
mais je marchais avec effroi dans des gorges obscures,
lorsque j'atteignis le pied d'une colline qui les terminait;
et, levant mes yeux en haut,
je vis que son front s'éclairait déjà des premiers rayons de l'astre
qui guide l'homme dans sa route.

Alors mon sang,
qu'une nuit de détresse avait glacé,
se réchauffa dans mes veines;
et comme celui qui s'est échappé du naufrage,
et qui, tout haletant sur le bord de la mer,
y tourne encore les yeux et la contemple,
ainsi je m'arrêtai,
et j'osai sonder d'un oeil affaibli
ces profondeurs d'où jamais ne sortit un homme vivant.


Dès le départ, il donne le ton sur la crise existentielle qu'il vivait. A sa mie-vie, il avait perdu le chemin. Et ces vers marquent le début de l'enfer de Dante. Mais ces vers me résonnent. Il me sont universels. Ils sont universels à tous ceux dont la recherche de soi demeure un appel lancé vers l'abysse et dont aucun echo ne revient.

La bonne voie à laquelle Dante réfère est aussi celle que je recherche. Que j'ai perdue et qu'il me faut retrouver. Mon réflexe est de tenter de retourner à ces moments où cette voie était claire et évidente: mon adolescence.

Alors je regarde en arrière. Et je vois tous ces rêves et toutes ces aspirations; la plupart oubliés ou perdus. La vie nous bouffe comme elle bouffe tout j'imagine. Je revois qui je voulais être, non, qui j'aurais être. Et je constate que je suis passé à côté de cette vie de jadis, cette vie à vivre et pleine de promesse. Je voulais changer le monde, l'améliorer, le rendre meilleur, y contribuer. Et je me suis perdu en cours de route. J'ai dû confondre les étoiles et un réverbère comme disait Cabrel.

La seule solution qu'il me reste est de tenter de retrouver le signal en retournant le plus près possible de qui j'étais naguère. Mais enrichi, j'ose l'espérer, de tout ces heurts et toutes ces larmes qui ont fait croître en moi mon amour de l'être humain.

Ce soir je lisais un texte qui parlait de conserver deux listes à relire chaque matin: ce que je veux, et ce que je ne veux pas. Ces deux listes aident à prendre les décisions semble-t-il. Ou du moins, à savoir si on progresse dans la bonne direction de notre bonne voie comme l'appelait Dante. Après avoir gribouillé quelques items sur chacune des listes, j'ai réalisé que j'avais raté une sortie ou deux. Je me suis peut-être même engagé sur la mauvaise autoroute. Je n'ai pas zéro, mais des éléments essentiels sont manquants dans ma vie.

Le temps qu'il me reste à vivre est compté, comme chacun de nous, et la question est - la seule véritable question - de savoir ce que je fais du temps qui m'est imparti.

La colline dont parlait Dante représente l'état heureux auquel il aspirait. Il m'est souvenir, du fond de mon adolescence, que cette colline existe aussi pour moi. Puissé-je, un jour, la gravir pour y savourer les chaud rayons d'un soleil levant. Alors j'écrirai, comme Dante, sur cette forêt obscure, et j'inscrirai un espoir de plus sur la fresque humaine. L'espoir qu'on peut survivre à la vie, et mourir heureux.

2009-05-14

Le Voile

Je viens de lire le dernier billet de Daniel et je lui ai laissé une commentaire. Mais je crois que le commentaire laissé est pertinent - et son billet aussi.

Allez lire son billet pour mieux situer la suite de ce billet.

Dans notre culture, le voile est perçu comme un affront à la liberté inhérente à tout être humain et une soumission à une religion dirigée et manipulée par des hommes totalitaires et despotes. Le voile est vu comme une soumission aux hommes. Comme un abandon de ce qu'une femme est fondamentalement: un être libre.

Je fais partie de notre culture et c'est aussi comme ceci que je perçois le voile.

Devant une idée qui est tellement généralisée dans notre culture, et dont je suis atteind, je me suis dit que je devais la remettre en question - juste pour la valider ou même peut-être la mettre de côté - mais la questionner, c'est là l'importance. Tout doit être questionné. J'ai alors décidé de m'informer, car c'est vrai que le port du voile m'énerve et vient chercher quelque chose en moi.

Je suis tombé sur ceci.

Intéressant. À la lecture des sourates, le voile me semble moins aplat-ventriste. Il me parait plus comme un aveu que les hommes ne sont que des animaux incontrôlables (du moins, tel que c'était perçu il y a 1200 ans) et représente aussi un symbole purement religieux entre la femme et sa croyance en Dieu. Un peu comme le port de poivre de cayenne dans la main et une croix dans le cou.

Je ne crois absolument pas en Dieu. Mais je ne crois pas qu'afficher une croyance devrait être interdite, tout comme afficher une incroyance d'ailleurs. Ma pensée change. Si une femme veut porter le voile, ou si une prêtresse veut porter le col romain, ou une autre femme porter une robe de bure, qu'il en soit ainsi. Ca ne me dérange pas. Tant que je peux affirmer haut et fort que je suis athée, tout comme eux peuvent affirmer haut et fort qu'ils croient en une chimère.

Tant que les chimères des uns ne deviennent pas la loi des autres.

Merci Daniel, tu m'as fait avancer. J'ai commencé à lire ton billet en me disant "Oui, c'est vrai! Je suis d'accord!". Maintenant, je me dit plutôt "Bof, porte ce que tu veux, tant que tu ne m'impose rien - tout comme mon absence de signe distinctif ne t'impose pas de ne pas en avoir". Sauf que je suis plus vigilant qu'avant: pas de chimère dans les lois. Et les lois régissent les chimères.

À l'intérieur de cette limite, la FFQ peut bien faire ce qu'elle veut - après tout - elle n'est pas prisonnière de sa propre liberté! ;-)

2009-03-18

Loi de l'Évolution

En cette année de Darwin, et en cette semaine du ministre fédéral des Sciences et des Technologies, M. Gary Goodyear, qui refuse de se prononcer sur la question, j'étais curieux de savoir où nous en étions au Canada (et au Québec) sur la question de l'évolution.

Voici ce que j'ai trouvé.

Selon un sondage Angus Reid réalisé entre le 12 et le 13 Juin 2007 (1088 participants), une majorité de Canadiens, et un grande majorité de Québécois, considèrent que la loi de l'évolution est véridique.



C'était la bonne nouvelle.

La mauvaise nouvelle est que peu des participants interrogés comprennent ce que signifie réellement la loi de l'évolution. De plus, plus de 42% des Canadiens (et 45% des Québécois!) croient que les dinosaures ont coexisté avec les êtres humains.

Allez hop! Au travail!

ref: http://www.angus-reid.com/uppdf/ARS_Evo_Cre.pdf

2009-03-05

Mémoires d'Hadrien

Il arrive quelquefois qu'on mette la main sur un livre, recommandé souvent, en ne sachant pas.

On commence à lire. On tourne les pages. Au début il y a ce vague sentiment, à peine perceptible. On continue de lire. Et le sentiment prend lentement forme, il se précise et il grandit. Jusqu'à ce qu'on réalise la nature réelle de cette impression: on foule un des sommets de la littérature humaine. Et c'est la certitude. C'est un chef-d'oeuvre! On savoure désormais chaque mot, chaque leçon de vie, chaque idée. Cependant, au fil des page qu'on tourne aussi lentement que possible, un deuil peu à peu s'installe. Plus on s'approche de la dernière page, plus on sait que jamais une telle expérience ne se représentera à nous. Puis c'est la cassure de la dernière page. On entre dans la mort les yeux ouverts. On aura beau chercher fébrilement une expérience intérieure semblable, on sait que le sommet est derrière soi. On essais les autres de Yourcenar, dans l'espoir. On essaie Proulx, Hesse, Camus. Mais en vain. Alors on commence à jalouser ceux qui ne l'ont pas lu, car on sait combien grande sera la découverte. On jalouse le potentiel de l'innocence.

Ainsi en est-il des Mémoires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar.

Il y a avant. Et il y a après.

Puisse ce livre être le dernier que vous lirez, car les suivants demeureront inachevés.

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2008-12-18

Arbre de Noël?

Imaginez un monde, loin dans le passé, saturé de superstitions et de croyances de toutes sortes basées sur des anecdotes. Une époque où les humains avaient le temps d'imaginer des histoires et de bonifier la tradition orale. Un monde où la connaissance des phénomènes naturels était très limitée, voire absente. Ce monde était un monde magique, peuplé de dieux, de potions et de rituels. Un monde de peur.

Dans ce monde, on remarquait que le soleil, source de vie, lumière du monde, pourvoyeur de chaleur et de sécurité, décroissait, devenait de plus en plus faible de jour en jour, jusqu'à un certain moment de l'année ou le soleil s'arrête de descendre - le solstice (le mot solstice provient de deux mots latin; "sol", qui veut dire soleil, et "stare" qui signifie arrêter). Les feuilles tombaient. Les arbres et les fleurs mouraient. Toute la nature se figeait. Toute? non! Certains arbres résistaient. Certains arbres, malgré la déchéance du soleil, gardaient leur couleur verte. Ils demeuraient vivant contrairement à tout le reste de la nature qui se flétrissait. Ces arbres, dans l'esprit des habitants de ce monde, avaient sûrement de quelconques propriétés magiques! Cet arbre ne meurt pas, il est éternel! Alors on imagina:

Si j'apporte des branches de cet arbre magique chez moi, cela va sûrement avoir un bienfait pour les miens - cela va nous aider à conserver la vie au moment où le soleil est à son plus bas.

Certains allaient même jusqu'à ajouter des figurines de leur dieu préféré à ces branches vertes. Bien sûr, on ne prélevait que quelques branches - couper un tel arbre eut été un dévastateur sacrilège.

Alors, lentement émergea le rituel de décorer sa maison avec des branches de sapin, de palmier (en Égypte) ou d'un quelconque arbre vert (dans la Grèce antique) au solstice d'hiver.

Là semble être l'origine lointaine, et païenne, du sapin de Noël.

2008-12-12

Photos de Noël

Comme billet de Noël, j'ai pensé vous offrir mes 5 meilleures photos à vie. Ce sont, parmi les milliers de photos que j'ai prises en plus de 30 années, celles que je considère comme mes meilleures. Comme les opinions peuvent varier, je vous invite donc à aller consulter les autres sur mon portfolio en ligne si le coeur vous dit. En attendant, voici le décompte:

5: Shuuuuuuuuuuuuuttttttttt!


Lieu: Morin-Heights, Québec, Canada (GoogleMap)
Date: 2005.12.25 14:36:06 HNE

Entre le 24 et le 25 décembre 2005, nous avons eu une grosse bordée de neige. J'étais à mon chalet et comme j'étais seul, je suis parti chasser l'image muni de ma caméra... juste au cas où. Entre Morin-Heights et St-Adolphe d'Howard, il y a un centre de relaxation nommé Ofuro. Visible du chemin, il y a quelques statues de bouddha. Je suis arrêté en voiture à l'entrée du site. La neige fraîche ajoutait à l'air de sérénité des sculptures. J'ai pris plusieurs clichés mais celui-ci m'interpelle particulièrement. Le Bouddha semble recueilli emmitouflé dans son manteau de neige et de silence - d'oû le titre que j'ai donné à cette photo.



4: Crécuspule sur le Grand Canyon


Lieu: Bordure Nord du Grand Canyon, Colorado, USA (GoogleMap)
Date: 2006.03.24 21:06:32 HNE

En Mars 2006, je suis allé à la conférence Telecom Next à Las Vegas avec un grand ami, Richard Benson. À la fin des quelques jours de conférence, au lieu de revenir directement à Montréal, nous avons décidé de louer une voiture et de se rendre jusqu'au Grand Canyon. Nous sommes arrivés un peu avant le coucher du soleil à Yavapai Point, sur la bordure nord du canyon. Il y avait quelques touristes et la vue était époustouflante. Après les quelques photos d'usage - vous savez, ces photos génériques usuelles que tout le monde prends et qui n'ont rien d'exceptionnelle - nous nous sommes assis pour assister au coucher du soleil. J'ai déployé mon trépied et installé mon 10D. Quelques minutes plus tard, le spectacle était terminé et les visiteurs quittaient. On est resté juste un peu plus longtemps pour que je prenne cette photo. Je l'ai ensuite travaillée afin d'équilibrer les tons mais les couleurs sont réelles.

La composition est quelque peu rébarbative. La masse inférieure semble lourde comparée au ciel. Habituellement, j'aurais dû amener la ligne d'horizon au tiers supérieur ou inférieur. Mais une telle composition standard ne fonctionne pas dans ce cas-ci. Le choix de la composition moitié-moitié permet d'exprimer le contraste et la complémentarité entre le temps et l'espace - le canyon représentant le temps.

Plusieurs autres excellents clichés ont été tirés de cette escapade. Mais cette photo-ci est simplement différente et présente une image du Grand Canyon qui est unique et que je n'ai pas vue ailleurs.

Sunset on Grand Canyon

3: Montagnaise à l'Aurore


Lieu: Île Nue, Mingan, Québec, Canada (GoogleMap)
Date: 2008.07.05 03:05:28 HNE

À l'été 2008, je suis allé en vacances avec Ginette jusqu'à Mingan, loin sur la rive nord du fleuve, quelques kilomètres avant Natashquan. En arrivant à longue pointe, le temps était à la brume et la pluie était annoncée. La météo annonçait cependant un dégagement pendant la nuit, alors nous avons opté pour un bateau taxi qui nous amènerais sur l'Île Nue où nous passerions la nuit - je voulais à tout prix photographier les monolithes de Mingan au lever du soleil. En juillet, à cette latitude, le soleil se lève très tôt et il eut été impossible de prendre le bateau taxi la nuit. Il a plu sur la tente une bonne partie de la nuit mais le matin venu nous sommes partis en chaloupe motorisée. Le Loup Marin nous a déposé sur l'ile déserte en nous promettant de revenir nous chercher le lendemain matin... Nous avons monté la tente et sommes partis pour faire le tour de l'ile pour que je fasses mon repérage photographique. Puisque je connaissais l'azimut où allait se lever le soleil, je pouvais marquer les meilleurs endroits pour photographier le plus grand monolith de Mingan: La Montagnaise.

La nuit suivante, je me suis levé à 3h du matin et ai marché jusqu'à mes points de repérage. J'ai bien sûr pris plusieurs photos, mais celle-ci est la plus classique. Elle est composée de 3 photos prises avec différents paramêtres d'exposition. Je prévoyais que le contraste de la brillance du soleil levant et le côté sombre du monolithe ne pouvait pas être adéquatement capturé par mon appareil photographique. La technique utilisée se nomme High Dynamic Range et consiste à joindre le meilleur de plusieurs photos.

Mingan - 1

2: Art Martial


Lieu: Saint-Adolphe d'Howard, Québec, Canada (GoogleMap)
Date: 2007.06.23 19:00:20 HNE

Mon fils Alexandre aime les arts martiaux, l'art du boken (sabre japonais en bois) entre autre. Un samedi soir, nous sommes allés jusqu'à l'ancienne station radar de la RCAF à St-Adolphe d'Howard pour admirer le coucher du soleil et prendre quelques photos bien sûr. Comme le soleil allait se coucher, Alex en profitait pour s'entraîner avec un vieux boken. Je me suis positionné, lui ai demandé de conserver la pause, et voilà.

Martial Art

1: Étoiles sur Lac


Lieu: Pourvoirie Mikos, Québec, Canada (GoogleMap)
Date: 2007.09.08 20:53:04 HAE

Avec la compagnie, on a fait une session de brainstorming off-site. Et tant qu'à aller off-site, on est allé dans une pourvoirie située à quelques heures au nord de Montréal, en direction de Parent. Je ne pêche pas, alors j'ai apporté mon attirail photo et en ai profité pour me lever tôt et me coucher tard, histoire de profiter pleinement de ces nouveaux paysages. Comme la lune se levait environ 1 heure avant le soleil, le ciel était parfaitement noir. De plus, il y avait un peu d'humidité à la surface du lac qui filtrait la lumière d'un lampadaire du camp - c'est pourquoi les arbres sont éclairés d'une lumière rougeoyante. Comme l'appareil était pointé vers le sud, on peut voir quelques nuages éclairés au loin par un village quelconque, mais, surtout, on peut voir notre voie lactée, notre Galaxie, qu'on nomme aussi M0 (prononcez "m zéro").

Cette photo est à mon avis et à mon goût une des meilleures que j'ai prise depuis que je fais de la photo.

M0

Passez un bon solstice, de bonnes fêtes et soyez prudents.

2008-12-11

Endoctrinement

L'endoctrinement a habituellement pour but principal de dissoudre l'esprit critique. La religion et la politique sont considérées comme deux importants foyers d’endoctrinement. Encore mieux, selon wikipedia: "L'endoctrinement consiste à user avec régularité de divers moyens de pression psychologique tels que la peur, l'espoir, la culpabilité ou encore le martèlement indéfini des mêmes affirmations, l'entraînement socio-affectif, etc." Il est difficile de ne pas reconnaître dans chacune de ces stratégies l'ensemble des techniques utilisées par la religion et la politique.

Je considère que la religion devrait être un domaine réservé aux 18 ans et plus... exactement comme la pornographie, la violence, l'alcool, le tabac et les autres produits néfastes à la santé mentale et/ou physique. A ne consommer seulement que lorsqu'on a développé un sens critique. À mes yeux, l’endoctrinement religieux des enfants est une monstruosité morale aux proportions historiques dont nous devrons répondre.

Via l'endoctrinement, les enfants sont privés du droit de remettre en question. Il ne faut pas se surprendre quand on constate combien la curiosité et le goût de savoir, pourtant si présent en bas âge, et s'exprimant par d'innombrable questions aussi naïves qu'en plein dans le mille, s'estompent à mesure que l'enfant grandit - on leur apprend qu'il ne faut pas questionner, il faut croire. Et plus c'est incroyable, plus il faut y croire poursuit-on. Comme c'est affiché en grosses lettres bien grasses pas très loin de chez moi: "la foi c'est croire l'incroyable, voir l'invisible et saisir l'insaisissable". L'hallucination est définie par le Robert comme "une perception pathologique de faits, d'objets qui n'existent pas, de sensations en l'absence de tout stimulus extérieur". Alors hallucinons mes frères!

L'endoctrinement prive aussi les enfants des mécanismes nécessaires afin d'évaluer, de soupeser et de filtrer objectivement le flux incessant d'information dans lequel ils baignent constamment et dans lequel ils baigneront toute leur vie. Il est de notre devoir de société de prémunir nos enfants des armes logiques, psychologiques et émotives afin qu'ils puissent eux-mêmes se défendre contre les abus de toutes sortes. C'est peut-être là une des grandes missions émergentes de notre système d'éducation.

La science et l'éducation sont souvent cités comme des armes contre l'endoctrinement. Et, aussi souvent, la science et l'éducation sont aussi présentés comme des foyers d'endoctrinement. L'apprentissage scientifique ne peut pas être accusé d'endoctrinement car le but même de l'apprentissage scientifique est justement d'inculquer et de promouvoir l'esprit critique. En ceci, la Science se pose vertement en opposition avec la politique et la religion. La Science repose sur des faits objectifs observables; la politique est basée sur des opinions souvent subjectives; et la religion est basée sur des dogmes et des croyances souvent improuvables - ou pire, infalsifiables. La question de l'endoctrinement dans l'éducation reste cependant sur la table. Il suffit de retourner quelques années en arrière (ou dans certaines écoles présentement en train de sévir) pour voir clairement l'endoctrinement usurper l'image de l'éducation pour faire son vil travail. Comment pouvons-nous séparer endoctrinement et éducation? J'imagine que c'est un peu comme séparer état et église: il restera toujours un peu d'église dans l'état et l'église essaiera toujours de dicter à l'état ce qui doit être fait. Le lien entre l'état et l'église - et entre endoctrinement et éducation - demeure humain. Comment espérer demander à un chrétien fondamentaliste convaincu d'enseigner la théorie de l'évolution de façon objective, sincère et convaincante? On ne peut compter que sur le professionnalisme des enseignants - et de ce côté, je dois l'avouer, nous sommes encore choyés ici au Québec... par opposition a nos voisins du sud. La séparation entre endoctrinement et enseignement ne tient que sur quelques règles provenant des hautes instances du ministère de l'éducation et, surtout, sur la qualité de la grande majorité des enseignants dont nous disposons pour l'instant.

Je rêve du jour où nous pourrons remplacer le cour d’enseignement religieux par un cours de développement du sens critique; cela représenterait, selon moi, un avancement majeur pour notre société. Le syllabus d'un tel cours devrait couvrir des sessions de jeux et de laboratoire d'expérimentation cognitive, l'étude du cerveau, de la psychologie, de la logique d'argumentation, de la compréhension des possibilités et des limites de l'esprit humain, les affliction, maladies et particularités du cerveau. Mais je sais bien qu'un tel syllabus cela ne sera pas enseigné demain matin. Cependant, un bon début serait tout simplement d'enseigner ce que Carl Sagan appelait un baloney detection kit qui se résume ainsi:


  • Autant que possible, il doit y avoir une confirmation indépendante des faits.

  • Encouragez le débat en substance sur les évidences avec des défendeurs compétents de tous les points de vue.

  • Les arguments d'autorité ont peu de poids (en science, il n'y a pas d'autorités).

  • Testez plus d'une hypothèses - ne vous arrêtez pas à la première idée qui vous séduit.

  • Ne vous attachez pas à une hypothèse parce qu'elle vient de vous.

  • Quantifiez autant que possible.

  • Dans une chaîne d'arguments, chaque éléments de la chaîne doit fonctionner.

  • Utilisez le rasoir d'Occam - quand deux hypothèses expliquent les données de façon aussi satisfaisantes, favorisez la plus simple.

  • Demandez-vous si l'hypothèse peut, du moins en principe, être falsifiée par un test non ambigüe. En d'autre mots, est-ce que l'hypothèse est testable? D'autres peuvent-ils dupliquer votre test et obtenir les mêmes résultats?


Un tel développement du sens critique protégerait notre société contre la plupart des formes d'endoctrinement, entre autre, mais aussi des pièges à con, de la désinformation, de la propagande, etc. Mais ce n'est peut-être pas ce que désirent certaines instances maniant au grand jour ou dans la pénombre les rennes du pouvoir... Alors je ne compte pas qu'un tel cours soit mis de l'avant de sitôt. À moins que...



Je suggère fortement les références suivantes qui vont dans l'esprit de ce billet:

2008-11-24

Lettre à mon fils

Hé bien voilà. Juste au cas où je n'aurais jamais l'occasion de te dire ces choses, j'ai décidé de les écrire ce soir. Ou même peut-être aurai-je l'opportunité de te les communiquer, mais puisque c'est maintenant par écrit, tu pourras relire plus tard, un peu comme une vieille conversation d'homme à homme, ou d'ami à ami.

Je n'ai pas la prétention de savoir, mais si ce que j'ai acquis comme leçons dans ma vie peut t'aider, alors mon existence n'en sera que plus complète. Ce que j'écris ici, quoiqu'ayant un ton plutôt impératif, ne sont que des souhaits que j'ai envers toi. Puissent-t'ils t'être d'une quelconque utilité.

Explore! Tu es désormais un explorateur de ta vie, comme j'essais de l'être. Ne laisse personne te dicter quoi penser, ou quoi dire ou porter. Mais deviens qui tu es, tout en respectant les autres, car c'est par eux que tu connaîtra l'amour, l'amitié et l'accomplissement. Explorer est se sentir hors de sa zone de confort. N'aie pas peur de sortir de ton lit douillet pour élargir ton esprit. Accorde-toi cependant aussi le loisir de rester couché, de profiter de l'existence. Mais saches qu'avancer est un constant déséquilibre et qu'il t'appartient de faire ce que tu veux de la démarche que représente ce déséquilibre.

N'attend pas les autres pour avancer. Tu es le seul maître de ta vie. Toi seul peut choisir et déterminer de quoi ta vie sera composée. Connais-toi toi-même et devient le maximum que tu peux être. Ne laisse pas tes faiblesses et tes peurs assombrir ton existence. Tu auras peur et tu auras des faiblesses, tu auras des moments de paresse, d'extase et de craintes. Accepte-les comme faisant partie de ce que tu es. Mais ne les laisse pas dominer ton existence - tu es le maître de ton destin.

Garde ton esprit ouvert aux possibilités. Ne te circonscrit pas. Instruit-toi autant que tu le pourras aux sciences. Comprends tout ce que tu pourras de la nature. Apprends-y ta place, dans le temps et l'espace. Tu pourras ainsi déjouer bien des illusions. Et apprends à respecter la nature. Car tu est son fils, autant que tu en es le mien. Protège-là. Chérie-la. Car elle t'est identitaire et ce dans quoi tu grandiras.

Ne te laisse pas bercer indéfiniment par des rêves. Lève-toi et accomplis ce que tu veux faire de ta vie. Personne d'autre ne le peut. Deux mains au travail font plus que des milliards de mains jointes ou tentant de saisir le sfumato des songes. Aucun rêve ne t'es inaccessible. Il te faudra du courage, de la ténacité, de la persévérance, mais tous tes rêves sont à ta portée. Ne laisse PERSONNE te dire le contraire. Il y a tant d'éteigneurs de rêves! Ne les laisse-pas te retourner à l'animal qui ne fait que survivre. Rêve, et rêve grand! Rêve de ces rêves qui te dépassent et qui dépassent l'imagination. C'est la seule véritable façon de rêver.

Inspire les autres. Là est le plus grand impact que nous puissions avoir. L'inspiration est ce qui t'amènera là ou tu veux aller. Et elle amènera un autre encore plus loin. Tu es un enfant de la race humaine, et cette dernière est vouée à un avenir inimaginable, apporte ta contribution du mieux que tu peux. Inspire les autres à se dépasser. Et dépasse-toi toi-même. Car en te dépassant, tu inspireras.

Aime. Aime de tout ton coeur et de tout ton esprit. Aime à en mourir, mais n'en meurt pas. Aimer te fera immanquablement souffrir. Mais la vie sans l'expérience de l'amour est vide, sèche et stérile. L'amour te révélera encore plus qui tu es, et te fera découvrir l'essence de l'être humain que tu es. Tu ne pourras vraiment aider les autres être humains, tes frères, sans connaître véritablement l'amour.

Lis! Lis tout. Poésie, nouvelles, histoire, essais. Rien ne t'es inaccessible. Rien ne t'est interdit. Rien n'est à l'index. Passe outre les cultures et les barrières de la langue. Lire est une façon de vivre plusieurs vie en une seule. Et, par dessus tout, lis les anciens Grecs.

Questionne! Regarde derrière toi. Des milliards d'êtres humains ont foulé cette terre avant toi. Ils ont vécu, ri et pleuré leur vie. Apprend des autres tout ce que tu pourras, mais toujours, en validant par toi-même par tes expériences. N'accepte rien comme vrai, questionne tout. Et va au-delà des questions. Ne t'arrête pas à la première réponse satisfaisante. Creuse, va plus loin. Et même quand tout le monde acceptera quelque chose comme vrai, remet en question. C'est ainsi que l'humanité avance, non pas avec les acquis, mais avec les questions.

Ouvre-toi aux autres points de vue. Il n'y a pas de réponses unique aux questions réellement importantes. Il y a toujours beaucoup plus que ce que nous révèlent nos yeux, et que ce que notre imagination est disposée à accepter. Tout en questionnant tous les points de vue, incluant le tient, écoute, soupèse, développe un esprit critique et de synthèse et recherche les vérités profondes se cachant souvent derrière des apparences de contradictions ou d'opposition. Selon certains points de vue, le jour et la nuit sont des contraires. Mais pour qui comprend le mouvement de la Terre sur elle-même en relation avec le Soleil, ces contraires deviennent complémentaires. Il y a toujours une vérité plus profonde derrière les apparences de contradiction. Et surtout, évites les solutions simples au problèmes complexes. Ces solutions ont tendance à sélectionner les faits sur lesquels elles reposent et tronquent la réalité. Devant de telles solutions, questionne les intentions de leur souteneurs.

Ne craint pas la mort. C'est une réalité inévitable. Aies-en toujours à l'esprit sa présence, de sorte que tu puisses vivre chaque seconde, chaque instant, à son maximum, sans l'ineffable dilution d'une pseudo-croyance en une vie au-delà de ta présente réalité. Considère le présent comme la seule vérité - consume-le pleinement sans handicaper ton avenir. Mais consume-le comme on savoure le dernier fruit de la terre.

Tu es un porteur de lumière de l'humanité, comme tous tes frères et soeurs, comme chaque être humain, comme chaque être vivant. Chacun a le devoir de faire avancer les autres. Accepte cette tâche avec honneur et fierté, car trop avant toi ont failli prétextant ne savoir leur raison d'être. Point n'est besoin de savoir ta destination pour être compatissant envers ceux qui t'entourent. Et la compassion te fera découvrir combien la destination s'estompe devant le voyage.

Découvre qui tu es. Tu ne seras jamais parfait, tu ne seras jamais satisfait. Mais tente d'être complet. Soit pleinement et vie pleinement le temps qui t'es imparti. Et le sens que tu donneras à ce temps, est le seul sens qu'il n'aura jamais. Alors choisi avec discernement tes actes, tes paroles et tes pensées en accord avec le sens que tu te donnes. C'est la rançon pour avoir eu le privilège d'exister. C'est le flambeau que tu devras passer.

Je t'aime.

Ton père.

2008-03-10

Hiver

Il est des passages de la vie où nous nous sentons submergés par une émotion de lassitude. Un peu comme si les couleurs perdaient leur vivacité, ou les saveurs leur goût. On perd de vue notre mission de vie. On SE perd de vue. Le brouillard s'installe et une torpeur de l'âme prend le dessus.

De tels périodes nous amènent souvent à nous questionner sur le sens de notre existence. Est-ce juste ça la Vie? Est-ce tout?

En premier réflexe, on cherche alors à s'évader à tout prix. Tel le prisonnier recherchant désespérément la liberté, nous entreprenons une quête de changement. Un peu comme si tout pouvait être mieux que la prison intérieure où nous croupissons.

Nous cherchons, un peu sans savoir vraiment. Et nous rêvons de liberté, de bonheur, de rires et de vastes étendues sans contraintes ni obligations. Notre vision romantique nous fait imaginer lettres de démission fracassantes, bris de quotidien et évasions ensoleillées loin des chaînes qui nous retiennent à notre maussade réalité. Nous nous voyons dans la grande bleue sur une plage des Caraïbes, ou au sommet d'une montagne du Bouthan en compagnie de moines bouddhistes, ou a faire ce pourquoi nous existons vraiment dans un sentiment total d'accomplissement... Partout est mieux. N'importe ou est meilleurs. Autrement est préférable.

À l'étude, on réalise alors que ce que nous voulons réellement fuir, c'est un vide. Un vide comme des bancs de parc désertés par les amoureux et les oiseaux. Un vide qui rempli nos vies et le bref intervalle de temps dont nous avons été affligés de conscience. Nous voulons fuir ces embouteillages, ces obligations futiles, ces faux sourires et ces lundi matin qui ne devraient jamais exister. Mais nous savons, au tréfonds, que toutes ces fuites ne sont que fantasmes temporaires d'un exutoire imaginaire. Nous entendons les secondes s'écouler au rythme des battement de notre coeur, et s'éveille alors la peur que tous ces battements auront peut-être été en vain. Là est la véritable frayeur de notre existence: avoir l'intime impression que nous n'auront pas réellement existé. Que toutes nos épreuves, toutes nos larmes et nos efforts, sont vides, sans forme et sans conséquence. Qu'après soi, ne sera que comme avant soi.

Il nous faut trouver quelque chose. Une réponse, une raison, un but.

On peut alors chercher longtemps un signal en soi. Quelque chose qui émerge du bruit et qui nous renseigne un peu sur soi et sur ce qui devrait. Ce signal est pénible à chercher. Il exige un effort considérable d'introspection et de journées qu'on sait vides mais qui sont autant d'investissement en vue d'atteindre éventuellement une certaine satiété de l'âme. La démarche est longue. Parfois même saisonnière. Il faut se convaincre qu'il faut continuer de respirer. Car on ne sait jamais ce que la prochaine vague va apporter comme disait le personnage de Tom Hanks dans le film "Seul" (Cast Away). On n'a pas l'espoir; on a l'espoir de l'espoir. Un sens est possible. Là est la seule foi à laquelle s'accrocher. C'est le ressort de résilience qui se déploie en soi, nous obligeant à réagir.

Le fait de vivre dans une société d'abondance n'y change rien, bien au contraire. De plus en plus, dans notre société, on peut réaliser notre potentiel. Tellement de possibilités nous sont présentées! Mais nous sommes cependant aux prises avec l'inéluctable incapacité de vraiment savoir comment orienter notre vie. Tous les chemins sont possible. Mais lequel est sien? Et comment le déterminer? Est-il unique? Immuable? Et de toutes façons, trop de chemins, c'est comme pas assez. C'est souvent dans l'abondance que l'être humain se sent le plus pauvre.

Il y a bien sûr quelques étoiles filantes, quelques signature de vol d'un oiseau par une aube d'un printemps tardif, quelques notes de musique volées au passage dans une ruelle... quelques échanges dans la grande bleue électronique... pour nous montrer un évanescent chemin. Mais de tels sentiers louvoient souvent le long de la pente ascendante de l'effort vers l'autre et la gravité de la lassitude nous attire tellement fort vers la terre.

Est-ce que Mozart, au crépuscule de son existence ressentait ce vide? Bach? Einstein? Jung? Est-ce que la contemplation de l'abysse du néant mène inévitablement au vertige existentiel? Ou devons-nous tout simplement nous y habituer et s'y conforter? Est-ce que, vraiment, la seule chose que nous possédions vraiment dans l'absolu sont les autres? Et c'est là notre véritable richesse? Est-ce là où réside l'ultime solidarité humaine?

Il y a ce vieux proverbe Russe qui dit qu'au royaume de l'espoir, il n'y a pas d'hiver. J'ajoute que ce royaume est peuplé d'amis.

2008-01-06

Studio II - Premiers essais

Quand j'écris que j'ai commencé à faire du portrait de studio, il me faut définir quelque peu plus ce que j'entends par portrait.

Pour moi, un portrait doit représenter la personnalité, ou un ou des traits dominants de la personnalité à un moment donné de la vie d'un individu. Tout comme je ne crois pas que nous puissions réduire un être humain à quelques mots, je ne crois pas qu'une seule photographie puisse nous faire saisir un être humain dans son ensemble. Un être humain est infiniment complexe, et en constant changement. Alors qu'une photographie n'est qu'un figé dans le temps d'une facette de la personnalité. Ceci étant dit, je me suis quand même laissé aller avec mes enfants pendant les vacances des fêtes à capturer un portrait d'eux.

Alexandre (15.5 ans) est un joueur de guitare, un excellent même. Il aime le rock mais il explore aussi d'autres styles de musique (à son dernier concert il a interprété les Canons de Pachelbel à la guitare...). C'est cet aspect de sa personnalité que j'ai voulu tenter de capturer. Je voulais créer une atmosphère un peu surréelle. J'ai disposé un flash derrière lui et l'ai éclairé de face très légèrement avec un snoot muni d'un filtre bleuâtre. L'idée était de ramener l'éclairage de son visage en utilisant une technique d'imagerie (HDR) afin d'augmenter le bruit sur l'ensemble de la photo mais pas sur le manche éclairé de la guitare. Un tel effet bruité donne une atmosphère artistique plus dure et plus rock.


Raphaël (14 ans) adore jouer à des jeux vidéo. Il vient d'ailleurs de se procurer, à grand coups d'économies, une PS3. Il aime aussi les jeux de rôles, il est brillant et calculateur. Ce sont ces aspects de sa personnalité que j'ai voulu isoler dans cette photo en optant pour un style à la James Bond. Le défi était de l'éclairer juste assez pour que son vêtement se fonde graduellement dans le noir du fond. Je lui ai demandé de me regarder de la sorte mais le subtile sourire est de son cru et complète parfaitement la photo.

Jean-Rémi (9.5 ans) est un sportif passionné de hockey. Ses idoles sont les joueurs du Canadien de Montréal. Et c'est ce que j'ai voulu illustrer. Là aussi j'ai décidé d'y aller avec un fond bleuâtre très foncé. La posture légèrement de côté, le regard vers le haut et l'asymétrie de la photo suggèrent sa vénération des Canadiens dont il arbore fièrement la tuque et le chandail. Une lumière principale avec un déflecteur de 20 centimèetres et un fill-in parapluie.

Isabelle (7 ans) est très féminine. Armée d'un caractère unique, elle sait parfaitement comment charmer quand elle le veut. J'ai utilisé un softbox très proche d'elle comme lumière principale. Un parapluie de 2 ouvertures moins fort comme fill-in et une lumière kick (au dessus d'elle en arrière) pour détacher ses cheveux du fond bleu qui complète très bien son pyjama. La difficulté fut d'équilibrer les 3 flashes pour conserver un jeux d'ombre suggérant un certain mystère attirant. La tête un peu baissée et un sourire charmeur pour compléter.

Toutes les photo ont été prises avec une lentille 70-200. J'étais donc situé relativement loin des sujets, ce qui permet de conserver les proportions des visages. Utiliser une lentille avec une trop courte focale accentue le nez et peu quelquefois donner des résultats désagréables.

Ce fut ma première expérience avec des modèles en studio. Je crois que le plus intéressant fut de visualiser les images dans mon esprit, et d'interagir avec les modèles compte tenu des personnalités, et de créer les images en - et j'y reviens - les peinturant avec de la lumière. Je suis mordu.